Etran de L'Aïr

Samedi 4 JUILLET

21:05 - Scène Télé-Québec

 

Crédits : Larry Hirshowitz

Etran de L’Aïr (ou « les étoiles de la région de l’Aïr ») vous souhaite la bienvenue à Agadez, la capitale du rock saharien. Après plus de 25 ans de carrière, Etran s’est imposé comme une véritable star du circuit local des mariages. Aimé pour son répertoire dynamique mêlant solos hypnotiques et mélodies baignées de soleil, le groupe affirme une place unique pour la musique de guitare d’Agadez. Avec un son qui évoque cette métropole du désert, l’album « Agadez » célèbre toute l’énergie et l’effervescence d’un mariage dans leur ville natale.

Etran est un groupe familial composé de frères et de cousins, tous nés et élevés dans le petit quartier d’Abalane, à l’ombre de la grande mosquée. Fils de familles nomades venues s’installer ici dans les années 1970 pour fuir les sécheresses, ils ont tous grandi à Agadez. Le groupe a été fondé en 1995, alors que l’actuel leader Moussa « Abindi » Ibra n’avait que 9 ans. « Nous n’avions qu’une seule guitare acoustique », explique-t-il, « et pour les percussions, nous frappions une calebasse avec une sandale. » Au fil des décennies, le groupe a patiemment rassemblé du matériel pour construire sa formation et son public, jouant partout et pour tout le monde. « C’était difficile. Nous allions aux concerts à pied, portant tout notre équipement sur le dos — une petite sono et des guitares — parfois jusqu’à 25 kilomètres, pour jouer gratuitement… il n’y a aucun endroit à Agadez où nous n’avons pas joué. »

Depuis l’époque des caravanes transsahariennes du XIVe siècle jusqu’à son rôle actuel d’étape pour les migrants en route vers l’Europe, Agadez est une ville au carrefour des peuples et des idées. Il n’est donc pas surprenant qu’on y trouve l’une des scènes de guitare touarègue les plus ambitieuses. Le style d’Agadez est le plus rapide, marqué par des solos de guitare électrique frénétiques, les frappes sèches de batteries complètes et des guitaristes flamboyants qui dansent sur scène. Agadez est l’endroit où les artistes viennent faire leurs preuves dans une scène lucrative, compétitive et impitoyable. Les groupes de guitare font partie intégrante du tissu social, animant mariages, baptêmes, rassemblements politiques et, parfois, concerts.

Alors que d’autres guitaristes touaregs se tournent vers le rock occidental, Etran de L’Aïr joue dans un style panafricain emblématique de leur ville natale, revendiquant une multitude d’influences culturelles : le blues du nord du Mali, les groupes haoussa de bars ou encore le soukous congolais. C’est peut-être cette diversité qui les rend si populaires à Agadez. « Nous jouons pour les Touaregs, les Toubous, les Zarmas, les Haoussas », explique Abindi. « Quand on nous invite, nous venons jouer. » Leur musique est profondément enracinée dans la célébration et évoque toute l’exubérance d’un mariage à Agadez, avec une abondance étourdissante de guitares dont les solos simultanés se croisent avec une précision maîtrisée, puissants sans jamais sombrer dans l’excès.

Enregistré chez eux à Agadez avec un studio mobile, leur album éponyme reste fidèle aux racines du groupe. Réalisé en quelques prises lors d’une session d’enregistrement, « Agadez » conserve toute l’énergie d’une fête. Leur message, lui aussi, reste proche du quotidien. Tchingolene (« Tradition ») évoque les camps nomades avec une version moderne des rythmes traditionnels takamba transposés à la guitare. La ballade rêveuse Toubouk Ine Chihoussay (« La fleur de la beauté ») explore des chants en appel-réponse et des solos qui dansent librement sur le manche. Sur d’autres morceaux, comme Imouwizla (« Migrants »), Etran aborde la question de l’immigration avec une marche entraînante qui établit un parallèle entre le destin des nomades et celui des voyageurs traversant le désert vers l’Europe. Pourtant, même dans ses moments les plus sérieux, la musique d’Etran reste vivante et dynamique, rappelant que la musique peut transmettre un message tout en illuminant une célébration. Après tout, c’est une musique faite pour danser.

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